Bilan électrique 2025, les principaux résultats

Sommaire

  1. La consommation électrique est demeurée stable à un niveau plus faible qu’avant-crise
  2. De nombreux projets d’électrification ont sécurisé leur accès au réseau
  3. La production totale a légèrement crû, avec plus de 95 % d’électricité décarbonée
  4. Fort développement des capacités solaires et mise en service d’un nouveau parc éolien en mer
  5. Les prix spots sont restés stables ; les prix à terme ont diminué
  6. Nouveau record d’exportations pour la deuxième année consécutive
  7. La France, « carrefour électrique » de l’Europe
  8. Le contenu carbone de la production française est l’un des plus bas d’Europe
  9. En Europe, le solaire et l’éolien ont dépassé les fossiles pour la 2e année consécutive


1. Une consommation stable, mais toujours en retrait par rapport à avant-crise

En 2025, la consommation électrique en France métropolitaine (corrigée des aléas météorologiques et des effets calendaires) est restée stable par rapport à l’année précédente, atteignant 451 TWh (+0,4 % par rapport à 2024).

Après la crise énergétique de 2022-2023, la dynamique baissière s’est arrêtée à partir de 2024, sans pour autant laisser place à une reprise comme ce fut le cas après les crises de 2008-2009 ou 2020.

La consommation reste environ 6 % en dessous du niveau observé sur la période 2014-2019. La persistance des répercussions de la crise énergétique, le contexte géopolitique incertain, et les progrès liés à l’efficacité énergétique compensent la faible électrification des usages.

Les grands consommateurs raccordés au réseau public de transport (RPT), majoritairement industriels, ont vu leur consommation reculer de 1,7 % en 2025, portée par la baisse de l’industrie chimique. Leur consommation reste 13 % plus faible que sur la période d’avant-crise.

L’électrification des usages apparaît en retard par rapport aux trajectoires nécessaires pour atteindre les objectifs climatiques. La part de l’électricité dans la consommation finale d’énergie reste globalement stable depuis des années.

La consommation brute s’est établie à 446,2 TWh, et la pointe de consommation 2025 a atteint 88 GW, son niveau le plus élevé depuis 2021.


2. Des projets d’électrification nombreux, mais encore peu concrétisés

Les énergies fossiles représentaient 56 % de la consommation d’énergie finale en France en 2024, contre 27 % pour l’électricité. Moins de 3 % des émissions françaises sont liées à la production d’électricité, déjà très largement décarbonée.

Transports : les combustibles fossiles couvrent encore 90 % de la consommation énergétique du secteur. La part de marché des voitures tout-électriques neuves a recommencé à progresser en 2025 pour atteindre près de 20 %.

Bâtiments : les énergies fossiles représentent encore 43 % de la consommation du chauffage résidentiel et 68 % dans le tertiaire. Les pompes à chaleur se développent et ont dépassé 10 TWh de consommation en 2023.

Grands projets industriels et numériques : plus de 170 grands projets sont en cours. Les droits d’accès au réseau de transport attribués atteignaient fin novembre 2025 environ 30 GW, dont :

  • 14 GW pour des centres de données
  • 9,5 GW pour la production d’hydrogène
  • 6,5 GW pour des projets d’électrification industrielle

Environ la moitié de ces projets vise une mise en service entre 2025 et 2029.


3. Une production en légère hausse, décarbonée à plus de 95 %

La production d’électricité en France métropolitaine a atteint 547,5 TWh en 2025 (+1,5 % par rapport à 2024).

Évolution par filière :

  • Nucléaire : 373,0 TWh (+11,3 TWh), proche du niveau de 2019
  • Hydraulique : 62,4 TWh (-12,9 TWh), retour à la moyenne historique après l’année exceptionnelle 2024
  • Solaire : +8,1 TWh, porté par le développement du parc
  • Éolien : +2,8 TWh, dont le parc en mer
  • Fossile : en recul (-1,3 TWh), niveau le plus bas depuis 75 ans

La production bas-carbone (nucléaire + renouvelable) a atteint un maximum historique de 521,1 TWh, soit 95,2 % de la production totale.

L’intensité en émissions de la production française s’établit à 19,6 gCO₂éq/kWh, l’une des plus faibles au monde.

Le volume de modulation des parcs solaires et éoliens lors d’épisodes de prix négatifs a doublé, atteignant environ 3 TWh.


4. Un parc de production en plein développement

Le parc électrique français a atteint 164,5 GW fin 2025. Faits marquants :

  • Solaire photovoltaïque : +5,9 GW, atteignant 30,4 GW — désormais supérieur au parc hydraulique (25,7 GW)
  • Éolien en mer : mise en service du parc Yeu-Noirmoutier (+0,4 GW)
  • Éolien terrestre : +0,9 GW, mais rythme de développement en ralentissement pour la 3e année consécutive
  • Thermique fossile : léger recul (-0,2 GW)

Les flexibilités offertes par les parcs solaires et éoliens ont sensiblement progressé en 2025. Les capacités participant au mécanisme d’ajustement en temps réel ont été multipliées par près de dix en douze mois, atteignant 5,6 GW fin 2025.


5. Des prix spots stables, des prix à terme en baisse

Le prix spot moyen annuel est resté relativement stable à 61 €/MWh (contre 58 €/MWh en 2024), bien en dessous des niveaux de la crise énergétique (275,9 €/MWh en moyenne en 2022).

La volatilité des prix s’accentue :

  • 513 heures à prix négatif en 2025 (contre 352 en 2024)
  • 1 807 heures au-dessus de 100 €/MWh (contre 1 382 en 2024)

Les prix à terme ont poursuivi leur baisse pour atteindre 61 €/MWh pour le produit A+1 (contre 77 €/MWh en 2024), reflétant la réévaluation à la hausse des projections de production nucléaire et la baisse des prix du gaz.

Les prix français se sont largement découplés de ceux des pays voisins (Allemagne, Italie, Belgique), et restent inférieurs aux prix espagnols pour la deuxième année consécutive.


6. Un nouveau record d’exportations

Le solde net exportateur de la France a atteint 92,3 TWh en 2025, un nouveau record historique pour la deuxième année consécutive (vs 89 TWh en 2024). C’est un volume comparable à la consommation annuelle de la Belgique.

La France exporte l’équivalent de 17 % de sa production, vers toutes ses frontières :

FrontièreSolde
Italie+26,2 TWh
Allemagne/Belgique+23,1 TWh
Grande-Bretagne+22,6 TWh
Suisse+20,1 TWh
Espagne+0,2 TWh

La valorisation nette des exportations s’est élevée à 5,4 milliards d’euros en 2025. À titre de comparaison, les importations de combustibles fossiles ont coûté 53 milliards d’euros.


7. La France, carrefour électrique de l’Europe

La France a été exportatrice nette près de 99 % du temps en 2025. Seulement 0,2 TWh d’importations ont alimenté la consommation française — soit 2 % des volumes importés. Le reste correspond à des flux traversants (importés sur une frontière, réexportés vers une autre).

15 % des exportations françaises ont alimenté des pays non frontaliers. Le Portugal est le premier bénéficiaire (4 % du volume, soit 3 TWh).

En réalité, en tenant compte des flux de transit :

  • L’Italie représente 36 % des exportations françaises réelles (contre 25 % en analyse frontière directe)
  • La Suisse ne représente que 4 % de la consommation réelle, le reste étant réexporté vers l’Italie

Environ 11 % des exportations françaises partent vers le reste de l’Europe (Autriche, Pologne, Danemark, Pays-Bas…).


8. Le contenu carbone de la production française, parmi les plus bas d’Europe

En 2025, les émissions liées à la production d’électricité ont atteint un niveau historiquement bas : 10,9 MtCO₂éq, pour la troisième année consécutive le volume le plus faible depuis 1945.

À titre de comparaison :

  • Émissions liées au transport routier (2024) : 120 MtCO₂éq
  • Émissions liées au chauffage des bâtiments (2024) : 47 MtCO₂éq

L’intensité carbone moyenne de la production française est de 19,6 gCO₂éq/kWh, ce qui place la France au 2e rang européen des mix électriques les plus décarbonés, derrière la Norvège.

Les exportations françaises ont permis d’éviter 27 MtCO₂éq d’émissions en Europe, principalement en Italie (moitié) et en Allemagne/Belgique (plus d’un quart).

En intégrant l’ensemble du cycle de vie, l’intensité reste très performante à 29,0 gCO₂éq/kWh.


9. En Europe : le solaire et l’éolien dépassent les fossiles pour la 2e année consécutive

Dans l’Union européenne, la consommation d’électricité est restée relativement stable en 2025 (+0,7 %), toujours 3,4 % en dessous du niveau moyen de la période 2015-2019.

Évolutions de la production en UE-27 :

  • Solaire : +19 % (+51 TWh) — plus forte progression
  • Éolien : -2 %, malgré l’augmentation du parc (conditions de vent défavorables)
  • Hydraulique : -14 % (-52 TWh), après une année 2024 exceptionnelle
  • Nucléaire : stable (+2 TWh)
  • Fossile : +3 % (hausse conjoncturelle portée par le gaz, après deux années de forte baisse)

La part de l’éolien et du solaire dans le mix européen est passée de 29 à 31 %, dépassant pour la deuxième année consécutive la production fossile totale.

La production européenne est désormais décarbonée à 69 % et renouvelable à 43 % (contre respectivement 55 % et 26 % en 2015).

Les échanges au sein de l’UE ont atteint 468 TWh, soit 18 % de la production totale.


Source : RTE – Bilan électrique 2025, principaux résultats. Rapport complet disponible sur analysesetdonnees.rte-france.com